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L’abordage du Hermonthis

Vos équipiers du HMCS Prince Henry ne sont pas du tout entraînés à tirer. Ils se sont enrôlés comme marins mais n’ont reçu qu’une formation de base ainsi qu’un livret de poche du parfait matelot. Ils font tout de même leur possible pour mener la mission à terme, soit couler le navire allemand. Ils éloignent tout d’abord le bateau à un demi-mille du Hermonthis puis se mettent à tirer sur celui-ci du mieux qu’ils peuvent. À cause des vagues et de leur inexpérience, les obus passent parfois au-dessus de la cible et parfois en dessous. Après 24 heures de tirs et en utilisant la majeure partie des munitions dont ils disposent, les marins coulent enfin ce bateau immobile et perdu d’avance. Il faut avouer que la situation est assez gênante pour les canonniers d’une marine de guerre!

Cela fait, vous avez ordre de rentrer à Vancouver pour faire réparer le HMCS Prince Henry de ses avaries à la coque occasionnées par les nombreuses collisions entre les deux bateaux pendant le combat contre l’incendie. Après avoir pris des provisions supplémentaires au port, vous et votre équipage amorcez un voyage de trois semaines, accompagnés des 53 marins allemands et de la chienne enceinte. Vous devez effectuer ce voyage sans escale.

Étant ennemis, les marins des deux bateaux ne fraternisent aucunement au cours du périple, se redoutant les uns les autres. Arrivés à Vancouver, les 53 prisonniers allemands sont transférés dans des camps pour les prisonniers de guerre et le HMCS Prince Henry est mis en cale sèche pour une période indéterminée. Vous et votre équipage devez attendre la fin des réparations pour repartir en mer.

Comprenant que les réparations pourraient durer encore quelques temps, vous demandez un congé d’une quinzaine de jours à votre capitaine pour vous marier. Le capitaine vous l’accorde volontiers en vous suggérant de faire la cérémonie sur la côte du Pacifique. Vous appelez tout de suite votre fiancée à Roberval, au Québec, à près de 3000 km de votre port. Puisque vous ne lui avez pas parlé depuis six mois, vous lui demandez s’il y a eu des disparus depuis et lui dites: «[...] apparemment, on aurait le temps de se marier [...] il y en a deux qui se marient la semaine prochaine, on pourrait se marier à trois [...] ». Votre future épouse vous rappelle en vous demandant plutôt de venir à Roberval pour le mariage car, selon l’opinion de votre futur beau-père « Ça serait mieux. ».

N’écoutant que votre coeur, vous prenez le train à Vancouver en direction de Roberval dès le lendemain et traversez le Canada. Le voyage dure quatre jours et quatre nuits, et c’est d’ailleurs à bord de ce train, le 24 mai 1941, que vous apprenez que le HMS Hood, navire amiral anglais, a été coulé dans l’Atlantique Nord. Vous arrivez à Roberval le jeudi et vous mariez le samedi suivant, soit le 31 mai 1941, dame Cécile Brassard. Vous et votre épouse faites un court voyage de noces dans la région d’Ottawa et visitez de la famille « comme si j’allais me faire tuer », pensez-vous. Après une visite d’environ huit à dix jours, vous devez repartir seul pour Esquimalt, base navale de la côte ouest. À votre arrivée, voyant que le HMCS Prince Henry n’est pas près d’être réparé, vous demandez à votre capitaine la permission de faire venir votre femme à Esquimalt pour vous rejoindre. Votre requête est acceptée. Vous et Cécile louez un appartement à l’extérieur de Victoria et y habitez pendant un mois.

Un certain matin où vous êtes officier du jour, vous décidez d’aller voir les travaux au chantier et donnez rendez-vous à votre femme pour dîner, au port. Lorsque vous arrivez sur place, coup de théâtre! Tous les hommes de votre équipage sont en grande préparation; le HMCS Prince Henry quitte le port à midi pour une destination inconnue

 

Vous appelez Cécile et lui dites :

1. Que vous ne pourrez pas dîner avec elle puisque vous partez avec votre équipage dès midi.
Ou
2. Que vous la rejoindrez dans quelques minutes et qu'elle doit se tenir prête à un départ précipité.