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Installations côtières à Gaspé[N.D.L.R. Les informations relatives aux batteries côtières de Fort Prével, Fort Haldimand et Fort Péninsule ont été puisées dans le rapport La batterie côtière de Fort Péninsule et le complexe défensif de la baie de Gaspé lors de la Seconde Guerre mondiale rédigé par Normand Lafrenière du Service canadien des parcs. Les citations proviennent également de ce rapport de recherche.]
À lété de 1940, devant la menace dune invasion de la Grande-Bretagne, les autorités militaires entreprennent de trouver sur la côte est du Canada un port pour abriter leur flotte. La baie de Gaspé est choisie à cause de sa position stratégique permettant la défense de la côte est et des eaux adjacentes, et facilitant la défense du site. Le mouillage est suffisant et permet daccueillir les navires de guerre. Lensemble du complexe militaire a deux fonctions principales : abriter un port et des installations militaires pour assurer la protection de la flotte britannique dans le cas où elle devrait quitter ses bases, et protéger un petit détachement de navires descorte rattaché à la base navale du HMCS Fort Ramsay. Les trois armes, aviation, armée et marine, doivent travailler de concert pour assurer la défense adéquate de la baie. La marine protège lentrée de la baie de Gaspé, contrôle le trafic maritime transigeant par le port de Gaspé et effectue la patrouille et le déminage aux abords du port. Larmée se charge dopérer les trois batteries côtières, soccupe de la défense antiaérienne et, en cas dattaques terrestres, fournit des effectifs supplémentaires. Laviation doit, de son côté, effectuer des patrouilles de reconnaissance sur un large territoire et attaquer les ennemis en cas dincursions terrestres ou aériennes.
La Marine royale canadienneDès la saison de navigation de 1940, quelques navires de guerre effectuent de la patrouille dans les eaux du fleuve de façon sporadique. Par exemple, le HMCS Bras dOr est rattaché à la base de Rimouski comme démineur de juin à la mi-octobre 1940. En octobre 1940, le HMCS Vison est le premier navire rattaché à la base de Gaspé; il retournera à Halifax en novembre 1940 lors de la fermeture du fleuve pour la période hivernale. En juillet 1940, une patrouille est aussi constituée à partir des quartiers généraux de Rivière-du-Loup. Cette patrouille couvre de lÎle-aux-Coudres jusquà la pointe ouest de lÎle dAnticosti et comprend les navires suivants : Ambler, Eileen, Cleopatra et Anna Mildred. À louverture de la saison de navigation de 1941, quatre yachts armés sont rattachés à Gaspé : HMCS Reeinder, HMCS Raccoon, HMCS Lynx et HMCS Vison. Cest le premier mai 1942 quon inaugure officiellement la base navale HMCS Fort Ramsay à Gaspé. Elle est située à lintérieur de la pointe de terre de Sandy Beach, sur les rives de la baie, à proximité de Gaspé. On y trouve des défenses maritimes, des soutes à mazout, des jetées, des soutes à munitions, des ateliers dentretien, un ber roulant, des installations de communication ainsi quun hangar avec contre-étrave pour les hydravions. Un seul navire y est alors stationné, le Venning.
Suite aux premiers torpillages dans le fleuve Saint-Laurent, les autorités militaires décident de renforcer les défenses gaspésiennes en créant la Force descorte du golfe et en y affectant sept corvettes, cinq dragueurs de mines Bangor, trois vedettes à moteur fairmiles, qui sajoutent aux trois fairmiles déjà présents, et un yacht armé. Le total des navires affectés à la base de Gaspé est alors de 19. En plus deffectuer de la patrouille et de lescorte de convois, ces navires recupèrent les survivants des torpillages. Cest le Service de contrôle naval situé à Québec qui a le tâche dorganiser les convois dans le fleuve Saint-Laurent, qui partent des Îles du Bic et qui se dirigent vers Sydney, Nouvelle-Écosse. En août 1942, une base de détection radar est aussi installée à Rimouski et deux navires y sont rattachés, soit le HMCS Madawaska et le CGS Jalobert, qui effectuent aussi lescorte de convois. En 1943, le fleuve étant fermé à la navigation transatlantique, les effectifs sont réduits à la base de Gaspé : diminution des dragueurs de mines et des vedettes à moteur fairmiles et réduction des militaires affectés. Il y aura un regain dactivités au cours de la saison de navigation de 1944 alors que les U-Boots reviendront hanter le golfe Saint-Laurent, mais faute de menace pressante et suite aux besoins en navires pour les opérations outre-atlantiques de la fin de la guerre, on décidera de fermer graduellement les installations.
LArmée canadienneCe sont les trois batteries côtières, Fort Péninsule, Fort Prével et Fort Haldimand, qui assurent la protection de la base navale de Gaspé. Fort Prével sert de batterie de contre-bombardement, à cause de sa position à lentrée de la baie et du calibre de ses canons qui sont les plus gros du complexe militaire à Gaspé. Fort Haldimand, situé à lextérieur de la zone prohibée, sert de batterie dinspection et de batterie de contre-bombardement pour les vedettes et les torpilleurs. Fort Péninsule assure deux rôles : celui de batterie de défense rapprochée et celui de batterie dinspection. [...] Fort Péninsule devait veiller à lapplication intégrale des règlements régissant lentrée, la sortie, de même que tous les déplacements des navires marchands à lintérieur du port de Gaspé. Le service dinspection des navires marchands se fait aux limites de la zone prohibée. Les navires de guerre doivent se rapporter au Port War Signal Station, un poste de contrôle situé à lentrée de la baie de Gaspé. Fort Péninsule comme batterie de défense rapprochée, a également pour mission dengager le combat à courte portée, avec tout navire reconnu hostile, essayant dattaquer le port de Gaspé. Contrairement aux deux autres batteries côtières, Fort Péninsule est doté dune garnison qui se compose dun détachement dartilleurs formé de la troupe C de la 105e Batterie côtière ainsi que dune petite unité dinfanterie dune trentaine de militaires. Finalement, deux batteries de canons sont postées sur les hauteurs de la montagne située à larrière de HMCS Fort Ramsay. Deux autres canons ceinturent les flancs gauche et droit de la base navale. La construction des installations de défense côtière fixe débute en avril 1941 et est complétée en août de la même année. Ainsi les défenses du complexe militaire de Gaspé se divisent en défenses fixes (batteries côtières, projecteurs, filet sous-marin) et en défenses mobiles (patrouilles aériennes et navales). Les militaires surveilleront ainsi la baie de Gaspé jusquau démantèlement de toutes les installations nécessaires à lhébergement des garnisons de soldats le 1er octobre 1944.
LAviation royale canadienneJusquen mai 1942, les opérations aériennes se déroulant dans la région du golfe sont extrêmement limitées, à cause de la faible menace de lennemi et par manque de ressources. La seule unité opérationnelle stationnée le long du golfe avant 1942 est un détachement de Supermarine Stanraer du 5e Escadron qui opère à partir dune base improvisée à Gaspé durant la saison de navigation de 1940. Suite aux premières attaques sous-marines dans le Saint-Laurent au printemps 1942 le Commandement aérien de lest doit déployer ses forces. Il assume la plus grande partie du travail, cest-à-dire la patrouille des eaux, la surveillance des convois et lattaque des sous-marins. Deux des sept hydravions à coque du nouvel escadron aérien 117e sont envoyés à la base navale de Gaspé pour y former un détachement. Après les torpillages de juillet 1942, trois Hudson du 113e Escadron de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, ainsi que trois Hudson du 119e Escadron de Sydney, en Nouvelle-Écosse, sont détachés à la base aérienne de Mont-Joli pour le reste de la saison de navigation. Entre les mois de mai et doctobre 1942, le Commandement aérien de lest effectuera 1590 vols opérationnels au-dessus du golfe. La couverture aérienne du golfe ne sera pas vraiment augmentée tout au long de la guerre. Faute de ressources suffisantes, les forces aériennes choisissent de concentrer leur effort sur les zones où lennemi a le plus de chances de se trouver. Laviation mènera tout de même plusieurs attaques contre des sous-marins ennemis ayant fait des victimes dans les eaux du golfe ou du fleuve Saint-Laurent. Lors de la saison de navigation de 1943, létat-major de la base de Gaspé dirige aussi les unités de la Région aérienne de lest opérant dans le golfe, connues sous le nom de 5e Groupe ou Groupe du golfe. Les forces aériennes et maritimes opérant dans le golfe seront actives pendant tout lété et ce jusquà la mi-novembre, escortant des convois et répondant aux alertes. Tout au long du conflit mondial, il semble toutefois quil ait eu peu de coordination entre la marine et laviation et aucun plan dopérations aériennes cohérent ne semble avoir été élaboré.
Aujourdhui
Les vestiges actuels de Fort Péninsule ne représentent pas lensemble des installations mises en place durant la Deuxième Guerre mondiale. Maintenant située à lintérieur du Parc Forillon, cette batterie côtière possède encore ses ouvrages de fortifications : canons, chambre forte en béton contenant les poudrières, magasins dobus, et abris pour le détachement dartillerie préposé à la garde et au maniement des canons. Une partie des installations se trouvant à Fort Prével lors de la Seconde Guerre mondiale existe encore aujourdhui. Les deux canons et les murs de béton sont toujours à leur emplacement original et se trouvent sur les terrains dun complexe hôtelier. Certains résidents de Gaspé ont aussi en leur possession des objets qui font référence aux installations défensives de la baie de Gaspé lors de la Seconde Guerre mondiale. Par exemple, Monsieur Richard Chouinard possède une bouée qui servait à faire flotter le filet sous-marin placé entre Sandy Beach et Penouille.
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