Au coeur...de l'action — Wilhem Köning

 

[N.D.L.R. La majorité des informations proviennent de l’épisode « Köning, le marin oublié » réalisé et tourné dans le cadre de la série Les histoires oubliées.]

 

Wilhem Köning

Image tirée de l’épisode Köning, le marin oublié dans la série Histoires oubliées. Tous droits réservés Recherche Félix

La triste histoire de Wilhem Köning débute dans la nuit du 15 au 16 septembre 1942 alors que le pétrolier hollandais Oscilla est torpillé à 150 milles au nord-est des Antilles britanniques, par le sous-marin italien Morosini. Officier sur le Oscilla, Köning ainsi que les autres survivants sont recueillis le lendemain en fin d’après-midi par le navire américain Explorer.

La Hollande étant occupée par les Allemands, Köning n’a d’autres choix que de trouver un nouveau navire marchand. C’est donc à Québec, le 10 mai 1942, qu’il s’embarque sur le SS Leto, en compagnie de trois survivants du Oscilla. Chargé entre autre de moteurs d’avions, le SS Leto, navire hollandais affreté par le ministère britannique du Transport de guerre, se dirige vers l’Angleterre.


SS Leto

Tiré de l’ouvrage de K.W.L. Bezemer, Geschiedenis van de Nederlandre Koopvaardij in de Twrede Wereldoorlog, avant p. 565.
Collection NCSM D’Iberville

La malchance s’acharne sur Köning alors qu’avant l’aube du 12 mai 1942, le SS Leto est torpillé au large de Rivière-la-Madeleine. Quelques heures à peine après le torpillage du SS Nicoya, le SS Leto est la deuxième victime de la bataille du Saint-Laurent. L’attaque fait 12 victimes. En un peu moins de deux heures, les survivants du SS Leto sont rescapés par le navire hollandais Titus. C’est au moment où l’on embarque à bord du Titus que Wilhem Köning rend l’âme. Ici se termine de façon tragique la guerre pour ce marin.

Le corps de Köning est ramené à Pointe-au-Père pour être inhumé dans la partie non consacrée du cimetière de la paroisse de Sainte-Anne-de-Pointe-au-Père. Gaétan Lavoie, jeune fils du gardien de phare de Pointe-au-Père, raconte l’arrivée de cet étrange cortège dans le village :

 

« De la fenêtre de ma chambre, j’ai vu défiler dans le chemin en face de chez nous une foule d’hommes en guenilles qui semblaient être abasourdis. Ils étaient trempés et couverts d’huile. Jusqu’à ce jour là, la guerre c’était de l’autre bord, mais là on apprenait que la guerre était rendue ici. »

Extrait tiré du témoignage du
Major (R) Gaétan Lavoie dans le
documentaire Köning, le marin oublié
et lors d’une entrevue accordée
au Musée naval de Québec

 

Plusieurs années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le journaliste Robert Tremblay s’intéressera à cette histoire oubliée en retraçant la fille de Köning et l’homme qui a entretenu durant plusieurs années la sépulture du marin hollandais. Par la télévision, il nous fera découvrir l’histoire de cet homme que tous avaient oublié à l’exception de sa famille en Hollande.

La fille et la petite-fille de Wilhem Köning se recueillant sur sa tombe à Pointe-au-Père

Image tirée de l’épisode Köning, le marin oublié dans la série Histoires oubliées. Tous droits réservés Recherche Félix

À l’instigation de Robert Tremblay, cinquante ans plus tard, la fille de Köning viendra se recueillir sur la tombe de son père avec sa petite-fille Nellie. Dans un geste symbolique, elles déposeront une gerbe de fleurs et un ruban portant l’inscription suivante : « Notre première et notre dernière rencontre, papa ».

Köning, comme bien d’autres marins canadiens ou étrangers, a connu une fin tragique loin de son pays et loin des siens. Cette mort dans un pays étranger et dans des circonstances horribles demeure pour l’ensemble des combattants, la conséquence la plus terrible de la guerre.