Installations aériennes à Mont-Joli
[N.D.L.R. La majorité des informations sur
les installations aériennes à Mont-Joli ont été
puisées dans louvrage de François Dornier Des
bombardiers au-dessus du fleuve : Historique de la 9e école de
bombardement et de tir de Mont-Joli (1941-1945).]
« Il y avait des cibles sur le fleuve qui étaient
flottantes. Ils tiraient vers la mer. Les pilotes venaient pas ici pour
apprendre à piloter, en théorie ils savaient piloter.
Mais là, ils leur faisaient faire des manoeuvres pis ils leur
montraient à tirer. Pour le tir, on les entendait : ils tiraient
jusquà Sainte-Luce, il me semble en allant vers lest.
»
Extrait tiré du témoignage du Major (R)
Gaétan Lavoie
lors dune entrevue accordée au Musée naval de Québec
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Vue aérienne
de la
9e École de bombardement et de tir, située
à Mont-Joli
Archives nationales du Canada (PA-064439)
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Avant même le début des hostilités,
les Britanniques comprirent que les forces aériennes auraient
un plus grand rôle à jouer lors dun prochain conflit.
Ils recherchèrent donc un territoire au sein du Commonwealth
qui offrait de vastes étendues à proximité des
centres industriels et qui serait aussi loin du théâtre
des conflits. Le Canada deviendra ainsi un des grands centres dentraînement
daviateurs; on y formera des pilotes, des observateurs, des mitrailleurs,
des radio-mitrailleurs, des ingénieurs de bord, des navigateurs
ainsi que des aviateurs bombardiers.
En premier lieu, les autorités militaires mettent en place les
installations du détachement du Commandement aérien de
lest, qui entre en fonction en décembre 1940. On choisit
ainsi un site à Mont-Joli, une petite ville près de Rimouski.
La position stratégique des lieux sert de base de relais pour
les appareils circulant dest en ouest, et vice-versa, et aussi
daéroport étape pour les gros quadrimoteurs du Ferry
Command convoyant vers lAngleterre.
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Tour dobservation
à trois étages située
à lentrée de
Sainte-Flavie, près
de Mont-Joli
Collection Musée
naval de Québec
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La construction de ces installations débutent
à lété de 1940 et sont complétées
au printemps de 1941. Les trois pistes datterrissage sont aménagées
au cours de cet été là. Les unités rattachées
temporairement à ce détachement ont comme principale tâche
de patrouiller au-dessus du fleuve et dassurer la protection des
convois de navires. Si nécessaire, ils doivent porter assistance
à tout appareil ou toute unité du Commandement aérien
de lest et rechercher les appareils portés disparus dans
le secteur.
Dès 1941, on ajoute à ces installations la 9e École
de bombardement et de tir de Mont-Joli, située au sud du détachement
du Commandement aérien, et dont la construction débute
en octobre. Cinquante bâtiments de tout genre sont érigés
entre octobre 1941 et avril 1942, dont les hangars pour les avions,
le gymnase, les salles de cours, les dortoirs, les cantines, la chapelle,
les mess, le cinéma et lhôpital. Louverture
officielle a lieu le 15 décembre 1941, alors que linauguration
se déroulera le 15 août 1942. Cest à partir
de décembre 1941 que les premiers aviateurs arrivent, malgré
les retards dans la construction et dans linstallation des locaux.
Les Fairey Battle sont les principaux avions affectés
à Mont-Joli dès le début de lannée
1942.
Les installations de Mont-Joli font partie dun réseau
de onze écoles de bombardement et de tir dispensant le Programme
dentraînement aérien du Commonwealth britannique
(P.E.A.C.B.). Le village de Mont-Joli a été choisi pour
diverses raisons : vaste étendue disponible, excellente vue sur
le fleuve Saint-Laurent et facilité daccès.
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Tour dobservation
à quatre étages située à lentrée
de Métis-sur-Mer, près de Mont-Joli
Collection
Musée naval de Québec
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Au départ, on prévoyait dispenser la
formation finale des ingénieurs de vol, des aviateurs bombardiers,
des mitrailleurs aériens et radio-mitrailleurs. Rapidement les
activités se concentrent sur le cours de mitrailleur aérien,
car la 9e école est bien située géographiquement
pour la pratique du tir. La période de formation est dune
durée de six semaines et se divise en deux phases distinctes
de théorie et de pratique. La théorie se donne au sol
dans une des classes de lécole, alors que la pratique consiste
en des exercices en vol. Les apprentis aviateurs visent des cibles qui
se trouvent sur le fleuve pendant que des militaires, du haut des tours
de guet situées sur le rivage de Sainte-Flavie, surveillent attentivement
le déroulement des exercices.
Cest la vaste étendue de son territoire qui permet à
lécole de Mont-Joli de prendre de lexpansion au cours
de lannée 1943 et de former encore plus daviateurs.
La 9e école de bombardement et de tir devient alors
la plus grande de toutes les écoles du programme dentraînement
des aviateurs du Commonwealth britannique du Canada. À titre
dexemple, le 30 octobre 1943, on rapporte que 2 844 militaires
et 154 appareils sont affectés à lécole
de Mont-Joli.
Tout au long du conflit, les aviateurs de Mont-Joli patrouilleront
le Saint-Laurent et sy entraîneront. À lapproche
de la fin des hostilités, le 30 mars 1945, la 9e
école de bombardement et de tir de Mont-Joli cesse dexister.
La base aérienne de Mont-Joli se voit confier dautres responsabilités
pour une durée approximative de six mois en devenant un aéroport
militaire. En 1946, les installations du détachement et de lécole
sont transférées du ministère de la Défense
au ministère des Transports, qui, au fil des ans, en fera laéroport
régional de cette région du Québec.
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Hangar à
laéroport
de Mont-Joli datant de
la Seconde Guerre mondiale et servant aujourdhui de garages
dentretien
Collection
Musée naval de Québec
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Aujourdhui
En 1958, laéroport de Mont-Joli devient un aéroport
régional.
À lemplacement actuel de laérogare de Mont-Joli
on retrouvait, lors de la Seconde Guerre mondiale, les édifices
utilisés par le détachement du Commandement aérien
de lest. Peu de vestiges subsistent de lépoque de
la 9e école de bombardement et de tir de Mont-Joli,
si ce nest deux bâtiments qui servent aujourdhui de
hangars dentretien.
À proximité des anciennes installations de la 9e
école de bombardement et de tir de Mont-Joli, on retrouve encore
deux tours de guet qui servaient à surveiller le déroulement
des exercices des aviateurs. Ces tours appartiennent désormais
à des particuliers et ont été transformées
en chalet.

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