![]() |
![]() |
|
|
« À lépoque, nous demeurions au centre doù se trouve le parc Forillon actuellement. Cétait en 1942 et je devais avoir 16 ou 17 ans. Cette journée-là, jétais allé avec mon père chasser lorignal. Pour chasser, nous devions nous rendre à un lac situé en arrière des montagnes. Rendus au faîte de la montagne, nous avions un point de vue qui nous permettait de voir le Rocher Percé, la baie de Gaspé et Cap-des-Rosiers. Cest à ce moment que nous avons aperçu un convoi dune vingtaine de navires qui montait au large de Cap-des-Rosiers. Tout à coup, une explosion sest produite. Nous étions trop loin pour entendre lexplosion, mais nous avons vu la fumée et des taches dhuile sur leau. Un premier navire a coulé en quelques minutes et un second a été torpillé à peu dintervalle. » Extrait tiré du témoignage de Charles Bouchard La présence des installations militaires canadiennes nécessaires à la protection du territoire canadien modifie le paysage et par le fait même conditionne la façon de vivre de la population le long des côtes. La réalité quotidienne de ces populations riveraines est ainsi influencée par un environnement qui rappelle létat de guerre. À cette présence militaire sur le territoire sajoute un ensemble de mesures de sécurité et lapplication de la censure. De tels bouleversements, dans un milieu éloigné des grands centres, ont naturellement un impact majeur sur limaginaire collectif. Les mémoires se chargent rapidement de rumeurs et de légendes qui perdurent encore aujourdhui. |